Dimanche 25 octobre 2009 9ème meeting Arena Sprint à Rouen Retrouver la vraie natation
(26/10/2009)
Retrouver la vraie natation, replacer l’athlète au centre des performances… La décision de la FINA d’interdire les combinaisons à compter du 1er janvier 2010 et celle de la FFN de les proscrire dès cette rentrée, sont vécues comme un soulagement. Pour les athlètes, les entraîneurs comme pour les journalistes. Ce nouvel épisode dans les revirements de la FINA (Fédération Internationale de Natation) suscite toutefois des questions.
Au cours des deux jours de compétition spectacle de l’Arena Sprint à Rouen, les réflexions ont été nombreuses et souvent convergentes. Les spectateurs ont pu apprécier de beaux duels sur 50 et 100 m NL en simple bermuda. Plaisir des yeux aussi de retrouver la belle plastique des athlètes. Pas évident d’apprécier la valeur et le sens des chronos sans combinaison, tant à Rouen qu’à Saint Dizier où se déroulait un autre meeting. On peut en revanche confirmer que Rouen est bien la place forte du sprint. Les résultats de ce week-end tournent en faveur de la ville aux cent clochers.
Fait étonnant, ce sont deux dossistes qui s’adjugent la victoire du 100m NL à l’ouest comme à l’est. A Rouen, Jérémy Stravius (Amiens Métropole natation) a scotché ses adversaires avec ses impressionnantes coulées. Il gagne en 49.41. A Saint Dizier, c’est Benjamin Stasiulis qui emporte la course en 50.46. Sur 50 m NL, Jérémy Stravius réalise le même temps que Frédérick Bousquet, 22.32. Un peu plus tard les marseillais ont montré leur appétit à Rouen. Ils avaient envie de reprendre le record de France du relais 4X50 m 4 nages… ils réactualisent quand même le record du meeting en 1 :40.06 devant le CN Antibes où Alain Bernard s’était élancé… en brasse ! Un événement et une belle surprise puisque le champion olympique, parrain du meeting, avait annoncé qu’il ne nagerait pas.
Quelques morceaux choisis :
Denis Auguin, entraîneur, CN Antibes : « Ce que j’ai pu observé hier c’est que ça nage moins vite et avec plus de mouvements que l’année dernière. On peut en tirer deux enseignements : un, ça nage moins vite et deux, les nageurs sont plus en difficulté pour nager moins vite. Cela prouve bien qu’il y avait un réel effet des combinaisons sur la performance. Alors oui, Il faudra beaucoup de dialogue entre les athlètes et les entraîneurs pour amortir ces différents chocs. C’est l’occasion donnée aux athlètes et entraîneurs de réfléchir de nouveau sur ce qu’est vraiment la natation et sur ce qu’il faut produire pour nager vite. Maintenant tous ces changements de réglementation en pagaille ne sont pas très productifs de haute performance ».
Alain Bernard, CN Antibes : « On passe au short. J’ai l’impression de tout ou rien. J’ai le sentiment que l’on subit. On est les principaux acteurs de notre sport et on subit les décisions de personnes qui n’ont pas eu le courage de prendre les bonnes décisions au bon moment. L’idéal aurait été de revenir aux combinaisons tout en tissu. On va être en short, eh bien tant mieux ! Tout le monde sera sur le même pied d’égalité ».
David Maître, GMUC Grenoble : « La technique et le nageur vont revenir au premier plan et dans le bain. On va retrouver ce qu’on a perdu. On pouvait être un « bourrin » et s’en sortir…. Maintenant il faut être au-dessus de l’eau, avoir un rapport poids/puissance efficace. Beaucoup l’ont perdu avec les combinaisons. Certains avaient gardé l’habitude de nager en maillot le matin. Pour ceux-là l’adaptation sera moins difficile. On va revenir aux bases… ».
Grégory Mallet CN Marseille : « c’est sûr que ça va changer. Les sensations sont différentes. Tout le monde est sur un même pied d’égalité. On a affaire à une autre natation qu’on a connue il y a plus de 10 ans. A court terme, les performances seront différentes. Mais je pense qu’on sera à l’avenir capable de rejoindre des performances de même niveau grâce au travail qui sera adapté à cette nouvelle donne ». Après sa deuxième place au 100 m NL (49.88) aujourd’hui il précise : « je n’ai que dix jours de travail dans l’eau, je manque encore de repères. Enfiler la combinaison c’était aussi se mettre en mode compétition. Là, on porte la même tenue qu’à l’entraînement. Il va falloir trouver de nouvelles méthodes pour se mettre en condition sur le plan psychologique ».
Source:
Marie-Claude Prévitali
Service presse Arena
Autres catégories liées à cet article: Maillot Maillot de bain Maillot Maillot de bain












